Une large proportion de la population française est en marge d’un système qui distribue mal le crédit

 

Faut-il le rappeler, l’économie moderne est impensable sans crédit.

 

 

 

De manière paradoxale, la France est victime d’un sous-développement du crédit à la consommation, faute d’instruments adaptés.

 

Il est fréquent que l’on invoque le caractère marginal du surendettement des ménages en se référant au faible taux d’endettement des Français par rapport à nos voisins européens. Le niveau d’endettement en France serait moins élevé que celui constaté dans les pays anglo-saxons.

 

Ainsi l’encours moyen de crédit à la consommation au Royaume Uni est de 4000 euros par habitant et de 2850 euros en Allemagne. Il n’est que de 1800 euros en France. En réalité, ces chiffres ne sont guère flatteurs pour notre pays et ce faible taux d’encours s’explique par une véritable concentration des crédits sur 60% de nos concitoyens pour lesquels le crédit peut se transformer en piège mortel tandis que 40% de nos concitoyens n’accèdent pas au crédit ou se voient refuser un crédit au motif de leur manque supposé de rentabilité alors même qu’ils seraient capables de rembourser le prêt contracté.

 

Ce taux n’est que de 10 % dans les autres pays européens.

 

Plus grave encore, 62% des jeunes qui ont des revenus d’activités et qui démarrent dans la vie professionnelle sont exclus du crédit à raison de méthodes d’appréciation de leur solvabilité inadaptées.

 

En France, faute de fichier positif centralisant les engagements financiers réels souscrits par les particuliers, les sociétés financières spécialisées dans les prêts à la consommation n’ont pas une bonne connaissance de la clientèle et de l’historique bancaire du demandeur d’un crédit.

 

De fait, ces organismes, faute d’instrument adapté, fondent leurs décisions d’octroyer ou non un prêt sur la probabilité en utilisant la méthode dite du scoring (ancienneté chez l’employeur, nature du contrat de travail, stabilité du domicile, origines sociales de l’emprunteur….) qui s’avère particulièrement discriminante.

Les expériences étrangères démontrent cependant qu’il est possible de contenir l’aggravation du surendettement tout en stimulant le crédit à la consommation et qu’il est possible de faire régresser l’exclusion financière et de développer le marché du crédit, sans perdre d’argent en redonnant vie à des zones économiquement difficiles.

La mise en oeuvre d’un fichier positif se révèlerait favorable à une plus grande dynamique du crédit aux ménages dans le respect de la protection des consommateurs.

En l’état, l’offre de crédit se concentre sur des segments réduits de la population et la concentration de crédits octroyés sans vérification objective s’avère néfaste. Au moindre accident de la vie, les procédures de surendettement se transforment en véritables machines à exclure et les ménages ne s’en relèvent plus.

 

Une évolution inquiétante avec des effets collatéraux d’une gravite exceptionnelle

 

Près de 180.000 demandes d’ouverture d’une procédure de surendettement sont déposées chaque année.

 

Cela représente avec les enfants de ces ménages près de 600.000 personnes. C’est l’équivalent de la population d’une grande agglomération française qui chaque année disparaît du paysage économique.

L’examen des dossiers soumis aux commissions de surendettement montre une accélération du nombre de crédits de trésorerie souscrits par les ménages. Près de 7 par ménages au lieu de 4 il y un an. Cet empilement de crédits octroyés sans vérification réelle et que les débiteurs, le plus souvent, à l’occasion d’un accident de la vie ne parviennent plus à rembourser constitue un facteur aggravant lors de la mise en oeuvre d’un plan de surendettement. Là encore, la mise en oeuvre en France d’un fichier recensant les crédits aux particuliers adopté par nos partenaires européens permettrait de réduire dans une forte proportion les conséquences d’un endettement additionnel que l’on retrouve dans près de 75% des dossiers de surendettement.

 

Il servirait de révélateur des situations de fragilité et conduirait à apporter des solutions plus adaptées dans les cas difficiles tout en orientant le marché du crédit vers un nouveau public jusqu’à présent exclu du crédit.

 

 

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